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lire Un médecin de Hong Kong offre d'opérer un garçonnet énucléé

mercredi 4 septembre 2013


Guo Bin, 6 ans, avait été retrouvé le mois dernier couvert de sang près de chez lui dans la province septentrionale du Shanxi, ses deux yeux arrachés.

Sa tante paternelle, soupçonnée d'avoir commis cet acte barbare, s'est suicidée la semaine dernière en se jetant dans un puits. Du sang de l'enfant a été prélevé sur ses vêtements, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle.

Le docteur Dennis Lam estime être en mesure de redonner une vue primaire à la victime.

"Son histoire m'a mis très en colère, j'étais bouleversé. Je me suis demandé comment je pouvais l'aider", a-t-il confié à l'AFP. "En tant qu'ophtalmologues, le moment où nos patients peuvent voir à nouveau est notre plus grande récompense".

Le médecin attend l'approbation des parents de Guo Bin, issu d'un milieu pauvre et rural, pour le transférer à Schenzhen (sud de la Chine) où il serait opérable dès la semaine prochaine.

L'enfant devrait recevoir des prothèses équipées de caméras lui permettant de reconnaître les formes, une technique d'ores et déjà utilisée en Europe et aux Etats-Unis, selon le docteur Lam.

A l'horizon de dix ans, il pourrait récupérer "entre 20 et 40%" de sa vue en fonction des progrès de la science qui travaille sur la conception d'yeux bioniques directement reliés au cerveau.

Les autorités ont d'abord cru à un nouveau drame du trafic d'organes mais la police a écarté cette hypothèse, privilégiant une tragédie familiale.

Un jeune frère de la tante, Zhang Ruihua, a toutefois démenti qu'une dispute au sujet de la prise en charge du grand-père de l'enfant soit à l'origine du drame.

De nombreux internautes ont mis en ligne des réactions outrées immédiatement après l'attaque.

La majorité des opérations de greffe en sont faites avec des organes prélevés sur les condamnés à mort ou les prisonniers après leur décès - souvent sans l'accord des familles, selon les organisations de défense des droits de l'Homme, ce que nient les autorités.

La tradition chinoise veut qu'un mort soit enterré sans mutilation, et très rares sont les Chinois qui acceptent le prélèvement d'organes lorsqu'un membre de leur famille décède.








lire A Hong Kong, la vente de fruits de mer pâtit de la lutte contre la corruption

mardi 27 août 2013


Ailerons de requin et ormeaux, mets vedette des banquets chinois, sont moins demandés depuis que la nouvelle direction du parti communiste chinois a appelé ses ouailles à modérer son goût pour ces agapes coûteuses, une politique visant à calmer la colère de la population après plusieurs scandales de corruption.

"Depuis des années, ce commerce traditionnel est alimenté par les commandes de la Chine continentale, qui considère la marchandise de Hong Kong comme de qualité supérieure", déclare Yeung Wai-sing, président de l'Association des services de restauration de Hong Kong.

"Mais les choses ne vont pas bien cette année", ajoute-t-il.

Dans la Ruelle des fruits de mer séchés, coeur du quartier --odorant-- dédié à la vente de ces produits sur l'île de Hong Kong, Leung Wing-chiu a vu ses ventes baisser de 20% sur un an. "La campagne prônant la frugalité m'enlève le pain de la bouche", soupire le commerçant de 94 ans, également président de l'association des marchands de fruits de mer séchés.

"La demande de Chine continentale, notamment des hôtels et restaurants, a fortement diminué. C'est notamment le cas pour les produits les plus luxueux tels que les ormeaux (abalone), les ailerons de requin et les nids d'hirondelles", déclare le nonagénaire.

Deux groupes de distribution alimentaire, Tang Palace Holdings et Xiao Nan Guo Restaurants Holdings, cotés à la Bourse de Hong Kong, ont averti en juillet que leurs résultats pâtissent de cette lutte contre les banquets ostentatoires et autres signes de richesse.

Tang Palace évoque "une série de règlements et de restrictions en faveur de la frugalité et contre les dépenses, promulguées par le gouvernement chinois" tandis que Xiao Nan Guo explique la baisse de son bénéfice au premier semestre par "la longue campagne d'austérité lancée par le gouvernement pour freiner les dépenses et les divertissements de luxe".

Les dirigeants chinois, à tous les niveaux de la hiérarchie, ont l'habitude d'organiser des réceptions onéreuses, autour de banquets au menu sans fin, le tout largement arrosé. Ces fêtes ont pour objet de consolider les relations d'affaires, graisser les roues du pouvoir et étaler sa richesse et son statut.

Les experts et les médias estiment à au moins 300 milliards de yuans (36,7 milliards d'euros) la somme consacrée chaque année à ces festins en Chine.

Devenu président en mars dernier, Xi Jinping s'est engagé à lutter contre la corruption endémique à tous les niveaux du gouvernement, un fléau, qui, selon lui, menace l'avenir du parti unique au pouvoir.

La Commission centrale militaire a déjà interdit les grands banquets depuis fin 2012.

Zhu Jiangnan, coordinateur des études sur la Chine à l'université de Hong Kong, note que les festins se trouvent dans "une zone grise" en matière de corruption.

"En Chine, le terme +corruption+ (fubai) évoque non seulement les pots-de-vins, les détournements de fonds, mais aussi les tendances jugées peu saines, telles que (les dépenses) extravagantes et le gaspillage", explique-t-elle à l'AFP.

Pour Wong Hiu-wan, qui vend des nids d'hirondelle, un ingrédient de luxe utilisé depuis des siècles dans la cuisine asiatique, la baisse de ses ventes s'explique par les directives de Pékin. "On doit compter à présent sur la clientèle locale car les commandes des hôtels et restaurants du continent ont chuté", dit-il.

Mais beaucoup soulignent que ces mets commençaient à souffrir d'un désamour des gourmets, bien avant que les banquets soient proscrits.

"Les Chinois se tournent de plus en plus vers des mets occidentaux, et plus respectueux de l'environnement, délaissant ainsi les ormeaux et les ailerons de requin", note Ren Guoqiang, analyste au cabinet de consultants Roland Berger & Partner. La dégustation des ailerons de requin notamment est vivement critiquée par les associations de défense de l'environnement.

Bruce Shou, un gastronome chinois de Hangzhou, qui se rend souvent à Hong Kong, acquiesce. "Les sashimis, les steaks, le foie gras m'attirent plus. Les ormeaux me paraissent comme des plats démodés et bureaucratiques", déclare-t-il.