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lire L'Eye-Phone, outil prometteur de diagnostic oculaire dans les pays pauvres

mercredi 4 septembre 2013


Vingt-trois ans plus tard, une technologie prometteuse devrait permettre à des médecins éloignés de plusieurs milliers de kilomètres de venir en aide aux patients souffrant d'affections oculaires et trop éloignés ou trop pauvres pour consulter un ophtalmologiste.

Une équipe de la Faculté de Médecine tropicale de Londres teste dans la région de Nakuru, au Kenya, une technique de diagnostic oculaire simple et bon marché grâce à un smartphone.

"Le Kenya était un lieu de test évident", explique à l'AFP le chef du projet, le Dr Andrew Bastawrous. "Dans ce pays de plus de 40 millions d'habitants, il n'y a que 86 ophtalmologistes, dont 43 exercent à Nairobi".

La technologie, en cours d'élaboration depuis cinq ans et désormais dans sa phase finale, utilise un smartphone doté d'un objectif additionnel qui scanne la rétine et d'un logiciel qui enregistre les données.

Chaque "Eye-phone", comme aime l'appeler le Dr Bastawrous en référence au téléphone-star d'Apple, ne coûte que quelques centaines d'euros et peut, dit-il, assurer des examens nécessitant habituellement des appareils professionnels valant plusieurs dizaines de milliers d'euros et pesant plus de cent kilos.

Au cours de l'étude menée par les médecins du projet dans la région de Nakuru, 5.000 patients ont été examinés, à la fois avec l'"Eye-phone" et avec un appareil professionnel afin de comparer les résultats.

Selon le Dr Bastawrous, l'invention s'est avérée fonctionner et a permis de détecter diverses pathologies telles que le glaucome, la cataracte, la myopie ou l'hypermétropie.

Des collyres aux opérations chirurgicales

Le médecin espère que cette technologie révolutionnera un jour l'accès au traitement de millions d'Africains à faible revenu qui souffrent de maladie ophtalmologique ou de cécité. Un enjeu important, 80% des cas de cécité étant évitables ou curables au Kenya, selon lui.

Après l'examen, les données sont envoyées en ligne à une équipe de spécialistes qui peuvent en tirer un diagnostic et conseiller un traitement, allant des collyres et lunettes de vue aux opérations chirurgicales complexes menées une fois par quinzaine à l'hôpital de Nakuru, à environ 150 km au nord-ouest de Nairobi.

Jusqu'ici 200 patients de l'étude ont bénéficié d'une chirurgie ayant permis de corriger diverses affections de l'oeil. Simon Kamau, aujourd'hui âgé de 26 ans et borgne, fait partie de ceux attendant d'être opéré.

Les médecins estiment improbable que son oeil abîmé recouvre sa pleine vision en raison de l'ancienneté de la blessure, mais ils disent pouvoir mettre un terme à la douleur incessante qui mine le jeune homme et au gonflement de son oeil sain, dû aux efforts de celui-ci pour compenser l'oeil aveugle.

"Je peux difficilement accomplir un travail manuel à la ferme. Dès que le soleil brille, mon oeil coule et je ressens une vive douleur", explique Simon Kamau, qui vit avec six membres de sa famille dans une petite ferme près de Naivasha, à une centaine de km au nord-ouest de Nairobi.

Mary Wambui, 50 ans, souffre de problèmes oculaires depuis 36 ans mais a abandonné l'idée de se soigner, car les traitements existants sont totalement hors de ses moyens. A la place, elle fait comme elle peut, par exemple en appliquant un linge humide sur ses yeux quand la douleur se fait insupportable.

"J'ai été traitée à (...) l'hôpital, mais les consultations de suivi étaient trop chères. Je devais payer le ticket de bus, puis patienter toute la journée dans la salle d'attente et rentrer sans avoir vu un médecin", raconte-t-elle.

Elle a accueilli le projet du Dr Bastawrous comme une bénédiction, car désormais le personnel médical se rend à son domicile, "avec leur matériel dans le creux de la main".








lire Maladie de Crohn : découverte d'un traitement prometteur

vendredi 23 août 2013


William Sandborn, directeur du Centre des maladies inflammatoires intestinales à l'université de Californie (San Diego), a mené une étude sur l’efficacité du vedolizumab, un anticorps produit par un laboratoire pharmaceutique japonais Takeda. Les résultats de ces essais cliniques ont été publiés dans le New England of Medecine.

Le védolizumab, un nouvel espoir

"Une nouvelle molécule, le védolizumab du laboratoire japonais Takeda, offre un nouvel espoir aux quatre millions de personnes atteintes de la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, ces pathologies auto-immunes", annonce William Sandborn.

3.000 personnes (1.900 étaient atteints de la maladie de Crohn et 1.100 de rectocolite hémorragique) ont participé à ces essais cliniques. Les malades, dont un groupe témoin a pris un placebo, ont été traités pendant un an et les effets ont été constatés après six semaines.

« L’anticorps administré par intraveineuse contient une molécule ciblant des cellules immunitaires dans l'intestin qui libèrent des protéines responsables de l'inflammation et de la détérioration des tissus du gros et du petit intestin » explique les chercheurs.

« Ces essais cliniques ont montré des résultats très encourageants pour des malades souffrant de la maladie de Crohn et de rectocolite hémorragique pour qui les traitements conventionnels, comme les stéroïdes ou des suppresseurs du système immunitaire, sont inefficaces", se félicite le Dr William Sandborn, auprès de l’AFP. «Avec l’avantage que ce traitement très ciblé limite le risque d'effets secondaires alors que les traitements traditionnels s'accompagnent d'effets secondaires comme la perte de poids, les nausées et les maux de tête », ajoutent les chercheurs.

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Ce sont les bactéries dites "intestinales" qui sont précisément la cause de ce désordre. Les symptômes de cette maladie, extrêmement désagréables pour le patient, sont bien connus : fortes poussées suivies de phases de rémission, de douleurs abdominales, de diarrhées et de fièvres. Ces maladies peuvent entraîner des complications graves comme une occlusion intestinale, de la malnutrition ou un cancer du côlon, nécessitant parfois une ablation chirurgicale de parties des intestins.
Le laboratoire japonais Tadeka a demandé les autorisations officielles des agences américaines et européennes des médicaments pour la mise en circulation du vedolizumab.