Didier Reynders a entamé sa première journée au Caire en s'entretenant avec Nabil Fahmy, le ministre égyptien des Affaires étrangères. "Nous avons eu un très bon contact", a exposé le ministre. M. Reynders est le premier responsable européen à rencontrer un représentant du gouvernement égyptien après la réunion extradordinaire des ministres européens des Affaires étrangères mercredi à Bruxelles.
Proportionnalité de la réaction des autorités
Une réunion à laquelle le chef de la diplomatie belge n'a pas participé puisqu'il se trouvait à Nairobi.M. Reynders a fait part à son homologue égyptien de l'horreur des Européens face aux actes de terrorisme perpétrés contre les forces de l'ordre. Il a cependant posé la question de la proportionnalité de la réaction des autorités. Rien que depuis mercredi passé et l'évacuation des places occupées par les partisans du président déchu Mohamed Morsi, les violences ont fait près d'un millier de victimes.
La Belgique est le quatrième partenaire économique européen de l'Egypte
Didier Reynders a dès lors expliqué que si l'Union européenne est prête à coopérer en matière de lutte contre le terrorisme avec l'Egypte, il n'est pas question que ce soit fait au prix d'une remise en question des droits de l'homme. Le ministre égyptien des Affaires étrangères a fait part à la presse de son agacement face aux réactions européennes quant à la manière avec laquelle le gouvernement égyptien réprime les manifestants. "Les Européens et les Egyptiens n'ont pas la même définition de la proportionnalité", a commenté M. Reynders. Il a souligné le fait que la Belgique est le quatrième partenaire économique européen de l'Egypte. C'est l'une des raisons pour lesquelles il espère que l'appel belge au dialogue sera entendu.
Nécessité d'avoir des actes concrets
Didier Reynders s'est par ailleurs réjoui que le gouvernement égyptien ait annoncé avoir entamé une enquête pour établir les responsabilités des violences survenues depuis une semaine. Il a toutefois insisté sur la nécessité d'actes concrets afin de relancer le processus politique. "Il est primordial de ne pas rompre les ponts avec les autorités égyptiennes. Mais il faut savoir dire les choses."Le ministre a ensuite rencontré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El-Arabi. Ils ont notamment évoqué les répercussions potentielles de la crise égyptienne sur la région, citant la reprise du processus de paix au Proche Orient, mais également la Libye et la Tunisie.
Referendum sur la constitution
M. Reynders a poursuivi ses entretiens avec des membres du comité des relations extérieures du parti salafiste al-Nour et des militants de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch.Il a ensuite rencontré Jeffrey Feltman, le secrétaire général adjoint des Nations Unies avant de se rendre chez le président de la commission technique pour la révision de la Constitution. M. Reynders a évoqué avec ce dernier la suite du processus politique. Celui-ci devrait voir la tenue d'un referendum par rapport à la dite Constitution avant des élections législatives d'abord et présidentielles ensuite. "Ces élections doivent être inclusives", a souligné M. Reynders. Les autorités ont indiqué que le parti liberté et justice, émanation politique des Frères musulmans, aurait également un rôle à jouer. Le ministre a par ailleurs signalé qu'il avait tenté d'obtenir un entretien direct avec des représentants du parti mais que cela s'avère compliqué en raison du climat actuellement très tendu.
L'Union européenne a un rôle à jouer
Didier Reynders a conclu en se disant convaincu que l'Union européenne a un rôle à jouer dans le processus politique égyptien. "Nous ne sommes pas venus pour donner des leçons mais pour faire passer un message et pour voir quels actes concrets peuvent être accomplis prochainement", a-t-il déclaré. Il estime également que, paralèllement au processus politique, l'Europe doit soutenir le développement économique de l'Egypte, évoquant le début du Printemps arabe avec la révolution de jasmin. Un jeune tunisien s'était immolé en décembre 2010 pour protester contre le manque d'emploi, ce qui avait lancé le mouvement populaire contre le président Ben Ali.
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