Les pyramides de Gizé, l'un des sites égyptiens les plus visités, mais depuis le 14 août dernier, il n'y a plus un seul visiteur. Les grilles sont restées fermées. Pour éviter la bousculade, notre équipe de journalistes sur place a filmé à l'aide de leur téléphone portable, parce que la nervosité de ceux qui vivent exclusivement du tourisme est palpable.
"En 25 ans, jamais nous n'avons vu aussi peu de monde"
"J'aime mon pays mais il n'y a plus de travail. Je suis né ici et cela fait 25 ans que je suis guide ici. Jamais nous n'avons vu aussi peu de monde. Le site est fermé. On attend la réouverture pour pouvoir reprendre notre travail", explique l'un des guides énervés qui se trouve à l'entrée du plateau de Gizé.
Des Belges travaillent sur un chantier pharaonique
Même si la tension est grandissante dans les rues, à quelques centaines de mètres des pyramides, se trouvent des Belges, occupés à travailler. "Nous sommes sur la plate-forme qui surplombe le chantier", explique Bjorn Walgraeve, un Belge sur place. Avec ses collègues, il construit le nouveau musée du Caire, appelé le "Grand Musée Egyptien". Ici malgré les troubles, la société belge de Besix maintient ses activités sur le site. Une situation que Bjorn Walgraeve, chef de projet de 39 ans, doit aussi gérer. "J'ai une fille de 2 ans et ma femme est enceinte", confie-t-il à notre journaliste. Avant de poursuivre: "Cela fait un mois et demi que je suis ici et qu'elle est en Belgique. Disons que ce n'est pas très évident. La semaine prochaine, normalement, elle va revenir au Caire."
La sécurité, une préoccupation quotidenne
La situation est assez particulière sur ce chantier gigantesque, pharaonique. C'est un projet de 650 millions d'euros qui occupera jusqu'à 7000 ouvriers. La sécurité du site et des travailleurs est une préoccupation quotidienne. "On leur dit de faire attention, de ne pas se trouver à proximité des lieux où il y a des manifestations. Faites attention à tout ce que vous faites. Ne vous mêlez pas de la politique, ne vous mêlez pas des discussions et restez chez vous quand vous sentez que la tension monte un peu ", explique Alfred Reyniers, Directeur du chantier.
Rassurer les proches
Après le travail, chaque jour, il faut donner des nouvelles en Belgique et effacer les inquiétudes de la famille. "Il faut rassurer, mais c'est parce que les médias en Europe donnent un peu une image d'une vie très dangereuse ici, qui n'est pas toujours la réalité", rassure Bjorn. Le chantier s'est tout de même arrêté la semaine dernière pendant les violents affrontements qui ont eu lieu dans le centre-ville. Ce vendredi, les manoeuvres étaient également suspendues en ce jour de prière. Les pyramides attendent que l'Egypte retrouve son calme et sa grandeur.
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