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lire Syrie: les Etats-Unis déploient des moyens militaires

samedi 24 août 2013



L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins, a comptabilisé 170 morts dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs aux mains des rebelles à la périphérie de Damas et n'a pu confirmer l'utilisation d'armes chimiques. L'ONG a cependant affirmé que le régime avait violemment bombardé cette région mercredi, puis jeudi. Le mandat de la mission d'experts, dirigée par Aake Sellström, arrivée le 18 août à Damas, se limitait à déterminer si des armes chimiques avaient été utilisées plus tôt cette année à Khan al-Assal (nord), Ataybé (près de Damas) et Homs (centre). Mais après les nouvelles allégations, la communauté internationale a demandé que ces experts puissent se rendre rapidement sur place pour les vérifier.

 

Déploiement de moyens militaires américains
 
Le président américain Barack Obama, qui a qualifié ces accusations de recours aux armes chimiques par le régime syrien de "profondément inquiétantes", s'est toutefois gardé de toute conclusion hâtive et a mis en garde contre toute nouvelle opération militaire au Moyen-Orient. Mais entretemps, les Etats-Unis ont annoncé le déploiement de moyens militaires permettant de fournir des "options" à M. Obama s'il ordonnait une intervention en Syrie. Le ministre de la Défense Chuck Hagel a souligné que ces renforts ne signifiaient en rien qu'une décision d'intervention avait été prise.

 

L'utulisation d'armes chimiques, la goutte d'eau qui fera déborder le vase ?

Selon un responsable de la défense à Washington, ces moyens militaires comprennent l'envoi en Méditerranée d'un quatrième destroyer équipé de missiles de croisière. La Grande-Bretagne a dit penser que le régime syrien était responsable de "l'attaque chimique", et la France a évoqué l'usage "probable" d'armes chimiques. Les chefs d'état-major de plusieurs pays occidentaux et musulmans dont ceux des Etats-Unis et d'Arabie saoudite doivent en outre se réunir dans les prochains jours en Jordanie pour examiner les retombées du conflit, selon un responsable jordanien. Le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est un allié du régime de Bachar al-Assad, a  évoqué l'utilisation d'"agents chimiques" en Syrie. Il n'a accusé personne mais le porte-parole de la diplomatie, Abbas Araghchi, avait déclaré jeudi que si l'information sur l'utilisation d'armes chimiques était avérée, les rebelles en seraient responsables.

 

La Russie parle "d'une provocation"

La Russie, elle aussi fidèle alliée du régime syrien, a dénoncé une "provocation" des rebelles après l'attaque de mercredi et jugé "inacceptables" "les appels de quelques capitales européennes à  (...) décider dès maintenant de recourir à la force". Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait estimé jeudi que si l'utilisation d'armes chimiques par le régime était avérée, il fallait "qu'il y ait une réaction" pouvant "prendre la forme d'une réaction de force". Moscou a néanmoins appelé le régime Assad à coopérer avec les experts de l'ONU et réclamé aux rebelles de leur "garantir" l'accès aux lieux des attaques. La coalition de l'opposition syrienne s'est engagée à assurer leur sécurité. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a averti vendredi que l'utilisation d'armes chimiques constituerait un "crime contre l'humanité" aux "graves conséquences pour celui qui l'a perpétré". Déclenchée par une révolte populaire en mars 2011 qui s'est militarisée face à la répression du régime, la guerre en Syrie a fait plus de 100.000 morts dont 7.000 enfants en deux ans et demi selon l'ONU, et poussé à la fuite des millions de Syriens.







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