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lire Syrie: Kerry dit avoir les preuves d'une attaque chimique, les échantillons de l'ONU transmis lundi

dimanche 1 septembre 2013



"Les préparatifs pour répertorier les échantillons progressent et les échantillons vont commencer à être transmis aux laboratoires demain", a déclaré à la presse le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky. Selon le chef des experts, Aake Sellström, qui s'est entretenu dimanche depuis La Haye avec le secrétaire général Ban Ki-moon, "deux responsables syriens surveillent ce processus", a ajouté M. Nesirky. Il a refusé une nouvelle fois de donner un calendrier précis pour les conclusions de l'enquête de l'ONU, qui dépendra des résultats des analyses en laboratoire. Selon l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dont le siège est à La Haye, les analyses pourraient prendre trois semaines.

 

Les résultats seront communiqués dès que possible

"Compte-tenu de l'ampleur terrible de l'incident du 21 août dans la Ghouta près de Damas (M. Ban) a demandé au Dr Sellström d'accélérer l'analyse des échantillons et des informations que la mission a obtenus" sans nuire à la rigueur scientifique indispensable "et de lui en communiquer les résultats dès que possible", a indiqué M. Nesirky. Les deux hommes "ont discuté des moyens d'accélérer encore le processus". Mais, a souligné le porte-parole, "l'ensemble du processus sera mené en conformité avec les normes les plus strictes de vérification" établies par l'OIAC.

 

Aucune conclusion avant le résultat des analyses

L'ONU avait affirmé samedi qu'elle ne tirerait "aucune conclusion" sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, en particulier le 21 août près de Damas, avant le résultat des analyses. M. Ban doit s'entretenir mardi du déroulement de l'enquête avec les ambassadeurs des dix pays non membres permanents du Conseil de sécurité. Il avait reçu vendredi pour la même raison les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). La présidence tournante du Conseil pendant le mois de septembre est assurée par l'Australie.

 

La Syrie au premier rang des discussions

M. Nesirky a aussi indiqué que M. Ban avait parlé au téléphone dimanche matin de la crise syrienne avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius et "qu'il continuera(it) de rester en contact avec les dirigeants mondiaux dans les jours qui viennent". M. Ban, a-t-il précisé, doit quitter New York mardi pour Saint-Petersbourg (Russie) afin de participer au sommet du G20 "où la Syrie figurera sans doute au premier rang des discussions".

 

Kerry assure avoir les preuves de l'utilisation de gaz sarin

De son côté, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré dimanche que les Etats-Unis avaient reçu et analysé des échantillons prouvant l'utilisation de gaz sarin dans l'attaque chimique du 21 août attribuée par Washington au régime Assad. "Des échantillons de cheveux et sanguins se sont révélés positifs à des traces de gaz sarin", a déclaré sur NBC News le secrétaire d'Etat, évoquant "un développement très important dont nous avons pris connaissance dans les dernières 24 heures, grâce à des échantillons des premiers secours dans l'est de Damas fournis aux Etats-Unis et qui ont désormais été testés".

 

"Nous savons d'où est venue cette attaque"

Il n'était pas clair dans l'immédiat si les échantillons avaient été prélevés sur le personnel de premiers secours, ou grâce à eux. 
Il a précisé sur la chaîne CNN que ces éléments étaient "indépendants" de ceux collectés en Syrie par les enquêteurs de l'ONU. "Nous savons d'où est venue cette attaque. Nous savons exactement où elle s'est produit. Nous savons exactement ce qu'il s'est passé après", a-t-il également répété, autant d'éléments qui étaient déjà dans le rapport du renseignement américain rendu public jeudi. L'attaque a fait selon ce rapport au moins 1.429 morts, dont 426 enfants.

 

Obama attend l'autorisation du Congrès

Après dix jours de réflexion, le président américain Barack Obama a pris le monde par surprise samedi en annonçant sa décision de principe de frappes contre la Syrie, mais pas avant un feu vert du Congrès, écartant ainsi une action militaire à court terme. Les parlementaires n'adopteront donc pas de résolution formelle avant la semaine du 9 septembre, au plus tôt, et l'issue du vote reste incertaine.

 

"Je pense que le Congrès la votera"

Evoquant cette décision du président américain, le secrétaire d'Etat a assuré être confiant: "Je pense que le Congrès la votera", a assuré l'ex-sénateur sur NBC, appelant ses anciens collègues à la responsabilité, au nom de la "crédibilité" des Etats-Unis et du respect de la convention sur les armes chimiques, adoptée par le Congrès. Interrogé sur NBC sur l'éventualité de voir Barack Obama passer outre si le vote du Congrès était négatif, John Kerry a déclaré: "Le président a l'autorité d'agir, mais le Congrès fera ce qu'il faut ici".

 

"Si Assad est assez idiot pour lancer une nouvelle attaque, il est important d'obtenir l'engagement du peuple américain"

"Puisqu'il ne s'agit pas d'une urgence, (...) comme en Libye où les gens étaient sur le point d'être massacrés, puisque nous avons le droit de frapper à tout moment, si Assad était assez idiot pour lancer une nouvelle attaque, nous estimons qu'il est important d'obtenir l'engagement complet du peuple américain et du Congrès", a-t-il aussi dit sur la chaîne CNN.







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